I-
L’Importance
du
psychologique dans le phénomène de la douleur
A) Différence
entre la douleur aiguë et la douleur chronique
Lorsqu’il
y a
douleur aiguë, il y a une destruction tissulaire qui est facilement
observable dont
on peut définir la cause et
l’existence
par
l’examen
médical et les
différents tests. Par contre,
lorsqu’il
y a
douleur chronique, souvent
l’événement
qui a
causé la perte tissulaire
n’existe
plus et la
causalité devient plus floue.
Il est
important de comprendre des notions nouvelles et plus particulièrement celle
de la plasticité neuronale. En
effet,
les neurones
qui ont causé la douleur lors
d’une
perte
tissulaire « ont appris » décharger même quand cela
n’est
pas nécessaire
pour protéger
l’organisme.
Nous
avons là
l’exemple
du
membre fantôme ou un individu souffre
d’une
douleur du
petit orteil de la jambe gauche alors que la jambe gauche
n’existe
plus, depuis
longtemps.
En tant que
psychiatre nous pouvons comparer cela au trouble obsessif compulsif où
l’individu
se
répète des rituels qui ont perdu toute signification ou souffre
d’obsessions
que
l’individu
considère ne
pas être réalistes mais il ne peut
d’empêcher
d’avoir
de
l’anxiété
à ce sujet. Il
s’agit
en fait
que les neurones ont été facilités pour les circuits (engrammes) de ces
comportements. Il revient au prix Nobel Eccel
d’avoir
montré que la
mémoire était enracinée
d’une
manière
biologique dans les neurones et
qu’un
circuit qui est
mémorisé voit ses neurones grossir en volume parfois en diversité des
terminaisons nerveuses, en vésicules de neurotransmetteurs plus volumineuses
et toute la pensée où le stimulus douloureux qui emprunte un réseau de
neurones voit ce circuit facilité et parfois les décharges vont avoir lieu
sans raison ou avec une très faible stimulation. Que ce soit une idée
obsessionnelle qui
n’a
pas de raison
d’être,
ou une
douleur qui existe même si
l’origine
de la
douleur a disparu depuis un certain temps.
Cette notion de
neurostimulation peut faire se comprendre
d’une
autre manière.
Si on considère le cas
d’un
sportif de haut
niveau, il va produire lors de
l’effort
des
endorphines, un produit cérébral semblable à la morphine, stimulé par le
sport intense. Des recherches plus récentes ont montré
qu’il
y a également
de l’endo
cannabis,
c’est-à-dire
une
substance très
proche du
cannabis mais qui
n’en
a pas
les
effets
nocifs.
Donc, cet
individu très actif aura un seuil de la douleur très élevé, ce qui
signifie
que cela
demandera une douleur très forte pour
qu’il
la ressente.
Par contre, si
on prend
l’exemple d’une
personne
qui a subi une mononucléose et qui est resté alitée pendant longtemps à cause
de sa maladie la tolérance à la douleur sera
différente.
Cette
personne, nous le savons, se décalcifie. Ce phénomène est facile à observer,
mais il
y a
d’autres
facteurs
biologiques et
cérébraux, plus difficiles à déceler, qui se détériorent. La décalcification
est plus facile à prouver que les autres. Nous savons que même les astronautes
ne peu-vent pas empêcher cette
décalcification
s’ils
sont dans cette
même situation :
s’il
y
a peu de force qui est appliquée
sur les os.
Donc, cette
personne va avoir un seuil de la douleur très bas et des petits éléments qui
ne causent pas de douleur chez la majorité des gens vont causer des douleurs
chroniques ou de la
fibromyalgie.
Ce qui
semble être garant
de cette
hypothèse est que le seul moyen de retourner des individus qui font de la
fibromyalgie
à leurs
activités habituelles
est de leur faire des activités modérées mais de plus en plus intensives.
Donc, les
chercheurs dans le domaine de la douleur ont réalisé
que plusieurs événements cérébraux peuvent augmenter la douleur. En
effet, s’il n’y
a pas de
compétition avec
d’autres
sensations, si
la personne est isolée ou
s’ennuie,
la
douleur va être plus marquée. Nous
savons tous que
s’il
y a un
gain secondaire
à ce moment là, la douleur est ressentie comme plus forte.
Dans les
recherches montrant
l’importance
des facteurs psychologiques
dans la
douleur, que nous avons cité antérieurement dans un congrès de
l’Association
des
Médecins du Travail du
Québec
(Beltrami, 2002),
c’est
la
recherche
de Gary J Macfarle, Isabelle M Hunt et Alan J Silman (2000) qui ont examiné
des individus entre 18 et 65 ans avant que les douleurs apparaissent et ont
éliminé les individus ayant déjà des douleurs. Ils ont vérifié dans cette
étude prospective, 2 ans après, ce qui leur était arrivé.
L’étude
portait sur
près de 2000 individus. Ils se sont
aperçus
que contrairement à ce
qu’ils
pensaient,
ce n’est
pas
seulement des douleurs mécaniques qui ont causé des
douleurs de
l’avant
bras
mais que les individus
ayant des douleurs avaient beaucoup plus de symptômes somatoformes (trouble
psychiatrique qui mime une maladie physique) ou même des douleurs chroniques
diffuses qui correspondaient aux critères de
l’American
College
of Rhumatology pour la
fibromyalgie
pour
45 % des
cas et ces douleurs
n’étaient
pas
reliées
dues à mouvements répétitifs. Ils se sont aperçus également
qu’un
des critères
importants de 50% des causes étaient la détresse psychologique, les aspects
comportementaux de santé et des symptômes somatoformes importants.
B) Impact selon
l’International
Association
for the Study of Pain (IASP)
Cette
association prône le fait que la douleur est à la fois une expérience
sensorielle et émotionnelle. Comme nous
l’avons
expliqué au
début dans une
douleur aiguë,
celle-ci est proportionnelle
à la
destruction des tissus et
s’y
ajoute
des
facteurs
d’un
modèle
prôné par cette association
le modèle « Bio Psycho Social ».
Les facteurs
psychologiques peuvent être des émotions comme la peur, la colère, la rage et
le sentiment
d’injustice
ou une
douleur comme porte drapeau symbolique
d’une
injustice
subie. Les
personnes
victimes
d’accident, qu’ils
trou-vent
parfois, avec juste raison, totalement
injuste, sont souvent enragées contre les personnes qui ont causé cet
accident, ils ont une déception des facultés perdues par
l’accident,
ils sont
enragés contre des institutions qui ne peuvent pas leur permettre un retour en
arrière complet mais qui peuvent compenser un peu sans leur permettre une «
restitutio as integrum ». Plus ces facteurs existent, plus
l’individu
subit sa douleur longtemps. Cette douleur
est même un signe et un porte- drapeau montrant combien les
chauffeurs
sont
brutaux, comment les institutions sont
inadéquates,
comment les médecins
n’évaluent
pas et
ne traitent pas
d’une
manière
satisfaisante par la suite.
Néanmoins ce
que
l’individu
ne sait pas
c’est
qu’en
faisant cela, il se nuit à lui-même.
Il
existe des fausses croyances qui
empirent la
situation. Cette notion inspirée
par la théorie comportementale cognitive montre que certaines croyances
erronées peuvent amplifier cette douleur. En
effet,
si on considère
que par une forme de pensée catastrophique que la douleur est un
début de
cancer
ou qu’il
y a une
détérioration
d’un
membre,
l’individu
va souffrir
plus. Ces croyances inadéquates, comme
le fait de
penser que rester coucher va être
meilleur
que de rester actif peuvent contribuer à amplifier la douleur.
C)
Facteurs Temps (Chapman)
Cet auteur
montre que pour la douleur dans les premiers 6 mois la réadaptation est
facile. Par contre, dans les 24 mois suivant
l’adaptation
est
différente,
difficile et
plus le temps passe plus
l’individu
souffrant
vu comme
invalide par son entourage se fixe dans un portrait de maladie chronique.
L’auteur
Gatchel a
défini le facteur temporel sur 3 stades.
1)
Réactions
normales
comme la peur,
l’anxiété,
la
préoccupation de
l’avenir.
L’individu
pendant ce
temps-là a une cessation des sports habituels, des diminutions de loisirs et
le sentiment
d’être
inutile.
2)
Les
complications psychologiques
avec perte
d’espoir,
détresse,
dysphorie,
colère et
somatisation. Ces complications
révèlent
la fragilité individuelle et parfois
font
ressortir des troubles de personnalité
qui sont dormant jusque là. Le contexte social au travail
(s’il
y a eu tension)
peut
l’amplifier.
3)
L’individu
prend le rôle
de malade installé, qui a des gains secondaires et il
est difficile
de le faire sortir de cette situation.
D)
Importance
d’un
traitement
précoce
Dès le début,
il est important que
l’intervention
se fasse
non seulement sur le plan
biologique mais également sur le plan psychologique. La thérapie
comportementale cognitive
s’est
avérée être
très importante. Il faut contrer les individus qui disent : « ma douleur
n’est
pas dans
ma tête laissez-moi tranquille, réglez médicalement ma douleur ». Il faut
expliquer à ces individus la complexité du phénomène de la douleur.
II- Douleur
et
classification
psychiatrique
du DSM
ADSM-III (1980)
Les auteurs
font remarquer que même le DSM
n’a
pas pris en
compte
d’une
manière suffisante
la douleur.
D’abord,
le DSM-III
(1980), considérait
qu’il
y avait
des douleurs psychogènes
mais ce
n’est
pas
retenu par la suite car on
a
réalisé que ça faisait une dichotomie trop
forte entre les facteurs organiques etpsychogènes.
À la rigueur, je considère que le
fait de parler de facteurs fonctionnels et organiques pourrait avoir une
certaine véracité. Un trouble psychiatrique fonctionnel
est un trouble qui
n’atteint
pas des
organes et qui ne peut pas se diagnostiquer sur le plan organique comme un
fort battement de
cœur
comme
lorsqu’on
fait
du
jogging. Par contre, ce
n’est
pas
normal
quand la personne est au repos et ne fait pas
d’effort
particulier de
retrouver un battement de
cœur
élevé.
Cela est
contraire aux maladies psychosomatiques comme
l’angine
de poitrine ou
la colique ulcéreuse, où les facteurs organiques sont mesurables par
les tests et
par
l’examen
clinique mais
nous
savons que des stress amplifie la condition.
BDSM-IV
Plus tard, le
DSM-IV parle de trouble douloureux mais pour cela il faut que le psychologique
ait un rôle majeur dans le début de la maladie, la sévérité,
l’exacerbation
et le
maintien de la douleur.
1.
Le trouble somatoforme
Il
faut encore une
fois que le côté psychologique
joue un rôle majeur dans le début de la maladie, la sévérité,
l’exacerbation
et le
maintien de la douleur. Il faut
inscrire
le trouble médical sur
l’axe
III. Le
DSM-IV
considère que ce trouble est aigu
quand il a moins de 6 mois et
qu’il
est chronique
quand il dure plus de 6 mois. Un élément du DSM-IV est le trouble somatoforme
qui est un trouble qui fait penser à un trouble médical mais qui est
causé par un
trouble psychiatrique comme
par
exemple,
l’anxiété.
Il faut
évidemment
que ce
soit non volontaire et non conscient.
Plusieurs sous éléments font partie du trouble somatoforme.
1)
Trouble de somatisation
La somatisation
qui est très proche des symptômes que Briquet avait décrits en relation avec
l’hystérie
qui à
l’époque
mimait des
troubles neurologiques, des pertes de conscience et des convulsions mais le
DSM-IV est plus restrictif que le syndrome de Briquet. Cela demande un début
avant
l’âge de
30 ans,
4 douleurs à
des sites
différents,
dos, articulations,
poitrine, rectum, extrémités et organes
génitaux,2
douleurs gastro-intestinales, nausées, vomissements, diarrhée, intolérance alimentaire,1
symptôme sexuel,
1
symptôme neurologique : du déséquilibre, sensation de boule dans la gorge,
rétention urinaire et le tout ne doit pas pouvoir être expliqué
d’une
manière
médicale.
2)
Trouble
somatoforme indifférencié
Il faut
qu’il
y ait
des troubles médicaux de
plus de 6 mois sans présenter le trouble somatoforme complet; de la fatigue
continuelle, des troubles gastro-intestinaux, des troubles génito-urinaire et
une perte
d’appétit. S’il
existe
un trouble médical il
faut que la dysfonction produite soit dis-proportionnée par rapport à ce que
l’on
rencontre habituellement pour la même condition médicale.
3)
Trouble de
conversion
Ici, il
n’y
a pas
uniquement de la douleur mais il y a un déficit moteur et sensoriel. En plus
des facteurs psychologiques associés
directement, ce
n’est
pas
intentionnel
mais plutôt inconscient et ce
n’est
pas le
résultat
d’un
trouble
médical. Ceci amène
une difficulté émotionnelle qui limite le fonctionnement.
2-
Troubles douloureux d’origine
psychiatrique
a)
Trouble
douloureux associé à des facteurs psychologiques
Le DSM
–IV
mentionne
également la douleur psychogénique, qui est une douleur qui est le symptôme
principal de
la consultation
chez un individu qui a des
troubles
d’adaptation
personnel et social. Il
n’y
a pas de
simulation volontaire et le tout est clairement lié à un psychodynamique
explicable.
b)
Trouble douloureux associé à des facteurs médicaux
Dans ce cas il
faut que la douleur soit principalement la résultante
d’une
condition
médicale avec des facteurs psychologiques concomitants jouant un rôle mineur
dans le maintient de la douleur.
3-
Troubles factices
Le DSM-IV
mentionne également la simulation
qui est la production grossière
d’une
condition
médicale, habituellement pour des gains particuliers, pour éviter
l’armée,
pour éviter la
prison ou avoir un
gain financier
(assurances). Évidemment,
cela arrive plus souvent chez de personnes avec une personnalité antisociale
qui sont amenés en évaluation directement par un avocat.
S’il
y a une grande
différence
entre la plainte et
l’examen
objectif
ou s’il
y a un
manque de coopération lors de
l’évaluation.
Néanmoins, il
faut attention de ne
pas utiliser ce
terme sans raison.
C’est
un
terme dangereux sur le plan légal qui est
réservé à la
psychiatrie et qui ne peut être
utiliser en médecine. Même les psychiatres préfèrent éviter ce terme et
parlent plutôt
d’un
individu qui ne
peut pas montrer un tableau complet et congruent.
Un exemple très
typique dans notre pratique,
c’est
un individu qui
consulte car son médecin pensait
qu’il
avait des
symptômes psychiatriques rajoutés à ces problèmes médicaux de douleurs
lombaires. Cependant, comme nous ne trouvions aucun symptôme psychiatrique,
nous lui avons demandé clairement
s’il
avait de
l’anxiété
mais
quand nous lui demandons dans quelle circonstance, il dit : « quand je me
penche ». Quand on lui demande en quoi se pencher lui cause
de
l’anxiété,
il dit que
c’est
parce
qu’il
ne
sait pas
jusqu’où
il peut se
pencher sans que la CSST lui enlève ses allocations. Il nous dit
qu’il
sait
qu’il
est filmé par
la CSST et
qu’il
fait bien
attention pour se pencher que
d’une
manière
insuffisante pour ne pas
qu’on
lui enlève ses
allocations! Il trouve cet exercice très angoissant!
i)
Le trouble factice ou le syndrome de Munchensen
Ce syndrome
tire son nom du fameux baron Munchensen qui simulait des maladies pour passer
d’un
hôpital
à
l’autre
et qu’on
prenne
soin de lui. Ceux qui en souffrent sont des individus qui ont un plaisir
inconscient, anormal et psychiatrique
d’imiter
une pathologie.
Ils se font parfois même opérer. Par exemple, dans la douleur abdominale, les
symptômes sont flous et vagues et le patient connaît beaucoup la terminologie
médicale.
III-
Dépression et
douleur
chronique
A-
Comorbidité
entre dépression
et
douleur chronique
Il
faut comprendre
que la dépression peut être amenée par de la souffrance,
de la douleur et le changement de vie comme de diminuer ses sports, ses
loisirs et ses plaisirs. Ceci amène une diminution de
l’estime
de soi et il
sent une inquiétude au
sujet des gains futurs.
D’un
autre côté,
parallèlement,
une douleur chronique
peut être
exacerbée par une dépression
antérieure
entre 34% et 57% selon les recherches.
De toute façon
quelle
que soit
l’étiologie
la
dépression majeure coexiste à 50% dans
la douleur chronique à cause des sentiments de démoralisation,
dévalorisation et de culpabilisation. Quant
à la dysthymie qui serait une dépression mineure, elle
existe dans
75% des cas.
B-
Hypothèses sur la comorbidité
de la
dépression
Il serait
intéressant de savoir si
c’est
vrai-ment
la douleur qui cause la dépression ou si
c’est
la dépression
qui empire la douleur chronique. Donc, on considère
qu’il
peut y avoir
plusieurs hypothèses.
Essentiellement, il y a 5 hypothèses de bases.
1)
Dépression antécédente à la
douleur
Dans ce cas, la
dépression aurait existé et
elle demeure lors de la douleur, donc il
n’y
a rien de
changé de ce côté
–là.
2)
Dépression
comme conséquence
Dans ce
cas-ci, la dépression serait causée
par la douleur et elle
n’existait
pas
avant.
3)
Dépression
comme cicatrice
La dépression
existait avant mais elle est exacerbée par le phénomène douloureux.
4)
Médiation
cognitive comportementale
La recherche
montre
qu’un
certain nombre de fausses croyances pouvait non seulement augmenter la
dépression mais aussi la douleur.
5)
Mécanismes
communs aux deux pathologies
Dans ces
hypothèses les différents facteurs mentionnés pouvaient jouer un rôle
ensemble.
Fishbain a
évalué 40 recherches pour
savoir quelles sont les hypothèses prouvées dans ce domaine,
D’abord,
sur la
dépression étant antécédentes à la

douleur
chronique, rien
n’a
été prouvé.
Ensuite, la dépression comme conséquence à la douleur chronique sans
100% de 15
études pertinentes ont montré
la validité de cette hypothèse. Pour
l’hypothèse
de la
dépression comme cicatrice,
ils ont
trouvé des preuves partielles seule-ment
avec des parents dépressifs. Aussi,
la médiation
cognitive comportementale,
il a trouvé 5 des 6 études comme pertinentes. Enfin,
l’hypothèse
des
mécanismes communs dans les deux pathologies,
il y aurait 4 études qui stipulent que
celle-ci est probablement vraie.
C-
Modèle de la diathèse Stress
1-
Étude de Banks et Kerns
On signale que
ceci est tout à fait en
accord avec la
thèse de Fishbain mais en
plus on signale
qu’il
y a des schémas
négatifs qui
affectent
les deux
pathologies.
Ce sont des attributions internes stables
qui amène à « learn helplessness »
soit
l’incapacité
apprise en plus
de
déficits
instrumentaux.
C’est
également
congruent avec le
modèle de
Gatchel, où on trouve
qu’il
y a
des
facteurs psychologiques prédisposant
des désordres (diathèse exacerbée par la lutte contre la douleur).
IV-
Douleur
chronique et autres troubles psychiatriques
A-
Comorbidité
entre
abus de
substance et
douleur chronique
Il est à noter
que le taux de consommation
des patients avec douleur chronique
à
vie est monte
jusqu’à
41% au
lieu
de 16%
dans la population générale. 94% des patients qui consomme à vie le faisaient
avant
de ressentir de la douleur. Le fait de
consommer avant la douleur est un mauvais
prédicateur pour le retour au travail.
Probablement,
que cette
population
s’auto
médicamentait pour leurs troubles
psychologiques antérieurs à leur douleur.
B-
Comorbidité
entre douleur
chronique et anxiété
95% des
personnes avaient de
l’anxiété
avant la
douleur. Donc, la diathèse pré morbide est accentuée par le stress.
L’évitement
des
activités de la personne anxieuse prolonge la douleur et le mélange de
l’anxiété
avant de
reprendre le travail est le scénario le plus
fréquent.
C-
Comorbidité
entre
douleur
et somatisation
Au début le
DSM-IV demandait
qu’il
n’y ait
rien
d’organique
pour que
l’on
puisse parler
de somatisation mais il était difficile de le démontrer au complet. Cependant
le manque
d’évidences
ne
signifie pas
qu’il
y a une absence
de pathologies. Souvent une somatisation peut être amenée par un élément
organique au début qui se maintient
même quand la
cause organique a disparue.
D-
Comorbidité
entre
douleur chronique
et trouble de
personnalité
Par
définition,
un trouble
de personnalité
est
stable sur toute la durée de la vie, donc
cela est préalable à la douleur. Les personnalités les plus
fréquentes
dans la douleur chronique sont la personnalité
histrionique, dépendante, paranoïde et borderline. Ces données sont assez
stables sur le MMPI. On
s’aperçoit
également que ces traits sont quand même légèrement
fluctuants
et que
s’il y a
une amélioration
de la douleur, il y a aussi une
amélioration
dans le trait de personnalité.
V-
Traitements
A- Évaluation
clinique
Nous
considérons
qu’il
est assez important
de connaître
l’histoire
complète de la
personne pour détecter des éléments
d’une
vie plus ou
moins criminalisée (comme des formes de prostitution, des emprisonnements et
des détentions) qui
n’apparaissent
pas si
on ne fait pas une
évaluation
année après année de la vie du
patient.
Dans
l’histoire,
il est
important de comparer
l’apparence
objective avec les
plaintes
subjectives. Les somatisations se
manifestent par une douleur dramatique qui semble omniprésente alors que des
personnes qui ont été blessées
d’une
manière
sérieuse se promènent parfois
avec une canne
et
s’appuient
dessus mais
ne montrent pas un tableau théâtral.
Par contre, il
ne faut pas tomber dans
le piège de certains psychiatres qui ne voient rien
d’objectif
et
prétendent
qu’il n’y
a rien.
La psychiatrie consiste également à identifier les sentiments des individus
mais ces sentiments doivent être congruents avec
l’apparence
extérieure.
B- Évaluation
par tests
psychologiques
Certains tests
peuvent se faire pour aider
l’évaluation,
même un médecin
de pratique général peut faire passer le test de
Beck dans la
salle
d’attente,
qui est un examen
objectif qui tient compte de la dépression cachée et qui est un bon indicateur
pour référé en psychiatrie et aide à
convaincre le client. Un autre test le
Hamilton prend
plus de temps et
l’examinateur
a un
rôle important à jouer.
Le MMPI-II, a
l’avantage
de contenir
des
échelles de validité (L= détecte si
l’individu
se
présente sous un jour favorable,
F et Fb
= détectent si
l’individu
exagère).
Ces
échelles mesurent la détresse des individus
et il y a une échelle de plus Fp qui
mesure
97% des simulateurs qui
“scorent”
au-dessus d’un
certain niveau. L’échelle
K fait des
corrections et
l’échelle
de
défensivité est utile. Il y a également des
échelles subtiles qui ont été déterminés de
manière
statistique et les échelles ouvertes
qui sont objectives. Si
l’individu
a des
échelles subtiles plus élevées que les échelles ouvertes
c’est
que
l’individu
a
cherché à nier le contenu de
l’échelle
comme la
dépression. Par contre, si les échelles ouvertes sont plus élevées cela
indique que
l’individu
a tenté
d’exagérer
sa pathologie
dans
l’échelle
concernée.
Néanmoins, chez
des personnes
ayant subis des
stress post-traumatiques,
leur profil a tendance à tout amplifier et
cela fait
partie intégrale de leur maladie,
ce
n’est
pas de
la simulation bien que celle
qui y ressemble sur le test. La prudence dans
l’interprétation
est donc de
rigueur.
Dans la douleur
chronique, on
s’est
aperçu que si
l’échelle
K est plus
élevée (individu ouvert à ses problèmes psychologiques),
il accepte plus sa condition
psychologique liée à la douleur et habituellement la douleur
s’améliore
plus.
Si
l’échelle
K est basse,
il
s’agit
d’un
individu dépendant, évitant et la douleur
évolue moins bien.
L’échelle
D3 de la
dépression qui se
manifeste de
manière physique,
l’échelle
Hy3 qui note
les troubles fonctionnels
celle Hy4 qui
détecte les troubles psycho-somatiques
sont habituellement élevées dans la douleur chronique.
Habituellement,
si la dépression est
élevée,
l’individu
souffre et
cherche à sortir
de sa situation. Si
l’échelle
h’histrionisme
et
d’hypochondrie
est
élevée, il
s’agit
plutôt de
quelqu’un
qui prétend ne
pas
avoir de problème psychologique et le
pronostic est moins bon à long terme. La
même
chose
s’applique
si les échelles
HEA sont
élevées. Si
l’échelle
WRK (work
concerns)
est élevée, cela indique que la
personne a des problèmes au travail et évidemment que cela va retarder son
retour
au travail, le pronostic étant moins
bon.
C-
Traitement de la dépression
associé à la
douleur chronique
1-
La médication psychiatrique
Les
antidépresseurs à double action sont
préférés quand il y a des troubles soma-tiques. On entend par double action,
un antidépresseur qui agit à la fois sur la
noradrénaline
et sur la sérotonine comme
l’Effexor
ou
l’Amitriptiline
le soir
et un
ISRS le jour ou Wellbutrin + Paxil. Dans
ce cas-ci, on utilise deux médicaments pour avoir le même effet.
Les
antidépresseurs agissent sur les
douleurs
migraineuses, sur les céphalées
de tension, sur certaines dystrophie sympathique réflexe sur les membres
fantômes, sur les neuropathies suite à un traumatisme, des névralgies post
herpétiques, sur des douleurs centrales et polyneuropathiques.
Les
anti-convulsivants comme la Carbamazépine,
l’acide
Valproique et
le
Gabapentin agissent sur les migraines, les
douleurs neuropathiques.
Il y a des
médicaments qui potentialisent les opiacés comme la Dextroamphétamine et le
Methyphenidate.
Le cannabis est
très utilisé par les
patients mais
n’est
pas
toujours rapporté.
Ils
prétendent que
c’est
très
efficace, mais
à la
longue cela les démotive, les troubles
de
mémoire sont prouvés et les recherches
actuelles sur
l’endo-cannabis
ont
trouvé une médication qui a les mêmes effets positifs que le cannabis sans ses
effets négatifs.
Quant aux
Benzodiazépines, elles sont efficaces mais très additives et à la
longue peuvent
diminuer la mémoire et la
concentration et détruirent le sommeil. Le
sevrage est parfois long et elles sont déconseillées pour les personnes
souffrant de toxicomanie.
D-
Traitements psychologiques
1- Traitement
comportemental
cognitif
a)
Fausses croyances, idées
irrationnelles
Dans ce
traitement, ce qui est important
c’est
de
pouvoir faire la chasse aux fausses
croyances. Les exemples de fausses croyances sont les suivants :
-
Je
n’ai
pas le contrôle
sur ma douleur
-
Je
ne vais jamais
aller
bien
-
La douleur
signifie une maladie dangereuse et chaque fois que
j’ai
une douleur
cela
signifie
que mon état
empire.
-
Cela
n’aurait
jamais dû
arriver,
c’est
la faute de
quelqu’un d’autre
-
Je
ne
travaillerai
jamais plus
-
Je
n’aurai
jamais plus
aucun plaisir
-
C’est
la faute
de……
-
Il faut que je
montre à tout le monde combien je suis malade pour
qu’on
puisse punir
celui qui a causé cela
ii)
La réparation de ces idées se fait de
la manière
suivante :
Pour contrer,
l’idée
que
l’individu n’a
pas
de contrôle sur la douleur, on peut lui faire comprendre que cela vient du
cerveau
et des neurones et que
c’est
possible
de rééduquer le cerveau.
À celui qui
dit
qu’il
ne va
jamais aller
bien,
on lui rappelle
qu’il
peut se
réajuster
à cette nouvelle situation
Quand
l’individu
pense
que
c’est la
douleur
qui est indicatrice
d’une
maladie
grave,
on peut explique
qu’il
s’agit
plutôt
d’apprentissage
des neurones
qui ont pris
de mauvaises habitudes et on lui donne
l’exemple
du
membre fantôme.
À
l’individu
qui dit
qu’il
ne
travaillera jamais plus, on signale
qu’une
reprise peu à
peu est utile et que la
phrase : « le
travail
c’est
la santé
» a une
grande part de vérité et
qu’une
réorientation
de carrière est possible. Bien des personnes
réorientent leur carrière à 50 ans,
sans avoir eu de douleur chronique.
À celui qui dit
qu’il
n’aura
plus
aucun plaisir, il faut signaler à
l’individu
qu’il
peut avoir des
sortes de plaisir différent.
À celui qui dit
que
c’est
la faute
de….,
.
Il faut lui
faire comprendre que plus on a
l’impression
que le
contrôle de nos actions
est à
l’extérieur
de nous, la
personne sera
malade.
Plus la personne réalise
qu’elle
a
une part
importante dans sa maladie, plus
elle peut
s’en
sortir.
À
celui qui se
croit obligé
d’augmenter
sa
maladie pour que
l’on
punisse le
coupable, il faut lui faire comprendre
qu’il
se punit
d’abord
lui-même et que
toute maladie qui
n’est
pas active a
tendance
à
s’améliorer.