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Dr Édouard Beltrami Médecin - Psychiatre Sexologue clinicien Professeur honoraire |
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Présenté au Colloque de l'Association des Médecins du Travail du Québec: Vibration
et maladies du membre supérieur en médecine du
travail 2001: Mouvements répétitifs de l'avant-bras et facteurs
psycho-sociaux.
Par
Dr Édouard Beltrami, M.D. Psychiatre La douleur un phénomène
complexe et multi-rélié
La douleur a toujours été un phénomène complexe, qui a du mal à être géré avec la notion de médecine « preuve à l’appui ». En effet, le fait que la douleur soit gérée par le système nerveux et que ce système soit relié aux émotions, cela fait que la douleur est extrêmement subjective et sujette à un grand nombre de facteurs non seulement physiques mais aussi psychologiques.
Comme le psychologique de l’être
humain, qui est en situation, est influencé par son entourage, les facteurs
psychosociaux vont donc affecter la douleur.
Un exemple typique est cette recherche
qui démontre que plus les gens sont critiqués dans leur travail, plus un mal
de dos (ayant des causes physiques et démontrées) va s’étaler sur une période
plus longue qu’on pourrait le prévoir.
La psychiatrie et les autres professions
La psychiatrie, a fait un effort
immense avec son DSM, pour codifier les diagnostics reste néanmoins difficile
à cerner. Bien des professionnels considèrent la psychiatrie comme parent
pauvre de la science ayant des notions floues et vagues.
Néanmoins, un phénomène récent au Québec, montre que le flou ne
vient pas uniquement de la psychiatrie, mais qu’il vient beaucoup plus du
domaine que gère la psychiatrie. En effet, il vient d’être créer dans le
secteur des hôpitaux, des médecins-arbitres afin d’accélérer le
processus de causes d’arbitrage qui n’en finissait plus.
Les médecins arbitres on donc été créé pour les spécialité ou les
litiges étaient les plus fréquents : nous retrouvons les trois domaines
suivants : la psychiatrie, la neurologie et l’orthopédie.
Bref, que l’on soit interniste, psychiatre ou chirurgien, la douleur
est un phénomène complexe qui a du mal à être géré par la médecine
« preuve à l’appui ».
Difficulté de discerner
si la douleur est physique ou psychologique
Bien des gens sont persuadés
que leurs douleurs sont physiques et qu’ils n’ont pas été rémunérés
d’une manière adéquate et que leur dépression, qui va s’en suivre, est
une dépression postérieure à un
mauvais traitement de leur plainte ou de leur cause.
Comme, il y a des intérêts en jeux de part et d’autres, il va être
difficile pour un chercheur de séparer l’ivraie
du bon grain. Un des cas que nous allons présenter, a coûté 100 000 dollars
à l’employeur et un montant semblable au client.
Donc, une fois ces mises de fond engagé, il est difficile d’être
objectif.
Intérêt d’une étude
prospective
L’étude que nous allons présenter
est d’un intérêt capital puisque c’est une étude prospective. Les
chercheurs ont analysé le travail de certains employés en usine et ont revu le
genre de travail qu’ils font, leurs mouvements, puis d’un autre côté, ils
ont analysé s’ils avaient une tendance à avoir des troubles
psychosomatiques, des maladies, ou préoccupations hypochondriaques.
Puis, au bout de deux ans, sur une
cohorte de près de 2000 clients, ils ont vérifié ceux qui ont eu des douleurs
des membres supérieurs. Dans cette
cohorte de 8% qui ont eu des douleurs, il va être facile de revenir au dossier
antérieur, sans aucun intérêt monétaire en jeux.
Les conclusions démontrent que les facteurs mécaniques comptent pour
environ 1,8% tandis que les facteurs psychosociaux jouent un rôle à 4,1%. Problématique
Il y a très peu de recherches
qui ont pu se faire pour les raisons déjà expliquées : les évidences
cliniques sont habituellement faite après coup, il y a des intérêts énormes
en jeux, qui ne permettent pas d’avoir un détachement scientifique.
Méthodologie
L’intérêt
de cette recherche c’est que c’est une recherche prospective avec une évaluation
rétrospective.
Durée :
2 ans Outils de l’étude et
procédures
Dans un premier questionnaire,
ils ont présenté un graphique, en demandant aux individus de marquer les
endroits du corps où ils souffraient. Ils
ont éliminé les personnes qui avaient des douleurs de dos et des douleurs d’épaules.
Ils ont conservé les personnes qui avaient des douleurs à l’avant-bras et
ceux qui n’avaient aucune douleur puisque le bilan sera fait que 2 ans après
la prise de données.
Ensuite, ils passent un
questionnaire de santé mentale (12 questions pour identifier la détresse
psychologique), une échelle de symptômes somatiques, 2 sous échelles de l’échelle
de l’attitude envers la maladie (mesure l’anxiété en face de la maladie)
et un questionnaire de douleur chronique diffuse utilisant les critères de
l’American College of Rhumatology pour la Fibromyalgie.
Après deux ans, les personnes
n’ayant pas eu de douleur à l’avant bras au départ de la recherche, au
post-test, ces personnes ont durant
au moins un jour eu des douleurs. Alors, elles ont été investigué, ils ont
noté la date de la douleur, la relation avec une autre partie du bras, les démarches
qui ont été faites pour soulager cette douleur et la durée de l’invalidité.
Pour vérifier, si cette douleur était clairement associée au travail,
ils avaient pris des notes sur le type de travail qu’ils faisaient dans les
moindres détails (mouvements répétitifs, poids soulevés etc.).
Puis, ils vérifient si la douleur est reliée à un site de travail
particulier comprenant des actions mécaniques particulières.
Si la douleur était effectivement consécutive à un changement de
travail, elle était considérée comme liée et probablement que l’étiologie
en était au niveau du type travail. Par contre, si la douleur ne tombait pas
dans un travail ayant des mouvements répétitifs, la liaison au travail était
beaucoup plus floue et elle était abandonnée.
Les facteurs psychosociaux, qui expliqueraient antérieurement la
douleur, étaient également analysés. Résultats
Il y a eu 92% des questionnaires qui ont été retournés.
Suite aux analyses, 8.3% des individus ont eu des douleurs de l’avant-bras.
Parmi ceux-ci, 34% ont consulté leur médecin uniquement pour cette douleur.
Tandis 35% ont consulté pour une condition similaire
Parmi ceux qui ont eu des
douleurs (8,3%), 9% seulement de douleur uniquement avant bras, 66% ont douleur
au poignet, 42% à la main, 48% au coude, 67% à l’épaule, 65% au dos, 45%
correspondent aux critères de Fibromyalgie. Histoire de cas
Nous avons évalué et été en
expertise pour trois cas. Ces
personnes travaillaient dans la même usine de fabrication de pièces électroniques
qui demandaient un travail avec des mouvements répétitifs.
Puis, suite à des douleurs que ces personnes ont eues, les évaluations
médicales ont montré que la douleur subsistait bien après que les troubles médicaux
avaient disparus. Si nous analysons plus en détails, il s’agissait de trois
personnes qui avaient une faible scolarité, et celle ayant plus de scolarité
est rentrée plus vite au travail. Elles
ne se voyaient pas faire autre chose que ce travail-là, n’ayant pas trop
d’issue extérieure. Elles
trouvaient le travail répétitif et ennuyant. Malgré tout, ces personnes étaient
capables de fonctionner avec un support adéquat.
Mais, à partir du moment où elles ont relaté des douleurs à
l’infirmier de la compagnie, qui ne semblait pas prendre au sérieux et qui
leurs faisaient faire des exercices, en contestant leur douleur, même après
qu’elles avaient été vues par un orthopédiste spécialiste.
Ces trois personnes sont tombées malades avec des douleurs chroniques.
Elles ont dû aller à plusieurs évaluations de la CSST et qui ont été
en procès et qui a coûté à l’employeur plus de 100 000 dollars.
Enfin, certaines avaient des symptômes dépressifs et avaient une
attitude paranoïde vis à vis cet intervenant.
Il ne s’agit certainement pas d’un hasard que plusieurs personnes, de
la même usine, aient à peu près les mêmes symptômes.
Il s’agit donc, d’une situation qui n’a pas été réglée et qui a
coûté très cher aux individus et à l’entreprise.
Conclusion
Donc, si nous analysons les
facteurs de risques qui ont amené à ces douleurs, nous remarquons que 1,8%
seulement ont été causé par les mouvements répétitifs et par le type de
travail, tandis que 4,1% sont liés à des facteurs psychosomatiques ayant
tendance à avoir plusieurs douleurs, à plusieurs endroits ou à avoir une
prolongation indue d’une douleur par rapport à des causes physiques.
Par contre, nous serons étonnés de constater que ce ne sont pas nécessairement
les gens hypochondriaques qui vont forcément avoir des douleurs chroniques ou récidivantes
puisque ce facteur n’a pas été retenu comme étant significatif.
Une étude extrêmement poussée,
prospective, (ce qui est rare et difficile à obtenir), démontre que dans les
douleurs de l’avant-bras, les phénomènes mécaniques n’étaient qu’une
partie de l’étiologie et pas la plus importante. Par contre, les facteurs
psychosociaux, le style de personnalité et l’encadrement au travail (support
ou critique) jouent un rôle important dans la disparition de ces douleurs et du
temps que l’individu passe sans travailler.
Cette étude rentre dans le
cadre plus récent, montrant que l’attitude des superviseurs et des individus,
qui donnent le support aux employés qui ont des douleurs, est cruciale et extrêmement
important. Certaines industries ont
pris un mauvais virage en essayant de faire continuer à travailler les
personnes, comme des machines de l’époque industrielle sans tenir compte de
leur besoin psychologique et un encadrement suffisant font certainement fausse
route.
RéférencesMacfarlane Gary J., Hunt Isabelle M., Silman Alan J. (2000). “Role of mechanical and psychosocial factors in the onset of forearm pain: prospective population based study”, British Medical Journal MJ 2000. Pp.321:676 (16 September) |