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La Réussite
BURNOUT : COMMENT ÉVITER D’ÊTRE SON PROPRE BOURREAU
Longtemps professeur en sexologie, le Dr Édouard Beltrami
a
failli lui-même faire un burnout alors qu’il enseignait à l’UQAM. S’étant beaucoup occupé de victimes d’abus
sexuels, de harcèlement au travail,
il a développé une
expertise au niveau de la victimologie. De plus, son
expérience de psychiatre dans le domaine du travail l’a amené à siéger au
C.A. de l’Association des Médecins du travail. Enfin, ces dernières années,
il a traité beaucoup de personnes victimes de burnout en plus d’effectuer des
expertises dans le domaine du travail.
| Sylvestre
Rios Falcon |
“Nous voyons que le “ burnout ” est une maladie
individuelle et de société, et que pour en diminuer l’incidence cela va
prendre plusieurs changements importants. D’abord,
un changement au niveau de la manière dont se perçoit l’individu et dont il
perçoit la société(…)”. - Dr Édouard Beltrami.
Soyons
clairs !
Le mot
burnout, un euphémisme, a été inventé pour éviter de froisser la sensibilité
des personnes qui avaient toujours bien fonctionné, qui n’avaient pas nécessairement
d’autres troubles psychiatriques, mais qui, soudainement, se retrouvaient sans
emploi et victime d’une dépression. Moins insultant, le mot “burnout”
masque l’aspect dépressif. C’était comme dire : “c’est le travail
qui t’a épuisé, qui t’a brûlé; tu t’es trop donné”.
Mais, le burnout (ou épuisement professionnel) cache effectivement une dépression
qui provient parfois de traumatismes antérieurs à la perte d’emploi et qui
se révèlent lorsque la charge de travail qui les dissimulait disparaît. “De
toute façon, que ça plaise aux gens ou non, si le burnout n'était pas une
maladie psychiatrique, les assurances ne les payeraient pas”, souligne le Dr
Beltrami.
Le prix de la contre-révolution
Selon ce dernier, nous nous dirigeons vers un monde en mosaïque, vers un
monde tribal dans le village électronique. Mais, cette révolution comme toutes
les autres, commence par une
contre-révolution. Actuellement, les banques et les grosses structures, au lieu
de pousser les gens à l’imaginaire, reviennent à l’ère de industrielle,
poussent les gens au rendement et s’en débarrassent à leur gré. “Or,
comme dans le monde tribal, on devrait fonctionner comme des petites entités,
être plus près les uns des autres, plus chaleureux avec une spiritualité qui
prend une place plus importante”, note le Dr Beltrami. Mais, dans cette
contre-révolution, transition vers une nouvelle ère, on voit plus de mises à
pieds,
de restructurations et, donc, de burnout. Les gens payent la note.
Mais, doit-on rester victime pour autant ou y a-t-il moyen de
s’approprier son sort?
Victimes consentantes
“De nos jours, de plus en plus de gens se considèrent victimes de
choses banales”, constate Édouard Beltrami. Certains psychologues considèrent
comme traumatiques des événements qui sont pourtant loins de l’holocauste,
du Vietnam ou d’autres situations particulièrement négatives
psychologiquement.
Même devant les tribunaux, on a pu constater que la victimologie est
souvent exagérée et, en thérapie, elle nuit à l’individu qui souhaite sincèrement
une amélioration de son sort. Édouard Beltrami cite cet auteur qui écrivait :
“Les gens ne nous font rien. On leur permet de nous faire quelque chose”.
Lorsqu’il traite des cas de burnout, il s’aperçoit que beaucoup de gens
sont asservis à leur sécurité et qu’ils sont capables de se détériorer,
de devenir malade pour la préserver alors que, de toute façon, ils ne la
retrouveront pas dans le monde de demain. Cependant, ils s’y accrochent.
Ça ne plane plus du tout…
Le Dr Beltrami explique le cas de cette hôtesse de l’air qui fait un
bon salaire en ne travaillant que trois jours par semaine. Elle voyage partout
dans le monde. Mais, elle vit une crise existentielle et réalise, en fait,
qu’elle n’est qu’une servante, “ high class ” certes, mais
une servante tout de même. Une partie d’elle voudrait décrocher mais, son
comptable, son conjoint et ses enfants la trouvent folle de vouloir abandonner
un travail de rêve. Alors, elle commence à avoir mal au dos, aux bras, aux
jambes. Puis, c’est la maladie psychosomatique. Elle va chez le médecin pour
une douleur à l’épaule. Tous les médecins qui la voient s’entendent pour
dire que d’après leurs radiographies, elle devrait être en mesure de
travailler. Mais, pourtant, elle ressent effectivement des douleurs
persistantes. Voilà le danger qui guette tout individu qui n’effectue pas des
choix lucides.
Or, le choix, ici aurait été de dire : “Oui, je suis bien payée,
oui, c’est extraordinaire mais ma santé vaut bien plus que ça. Je suis prête
à débarquer pour réaliser d’autres côtés de moi”.
Les gens qui sont accrochés à un salaire ou à des dépenses finissent
par être coincés. Ils se plaignent que le patron n’est pas gentil, alors
qu’en fait, ils sont simplement incapables de se ménager une porte de sortie.
Le burnout n’est pas loin.
Quelques conseils du Dr.
Beltrami
Ne voyez pas forcément le stress comme quelque chose d’épouvantable.
S’il est raisonnable, le stress est bon. Il s’agit simplement d’une charge
que l’on demande à l’organisme. Par contre, si on en fait trop, que l’on
force tout le temps, ce stress devient néfaste. Au fond, il ne faut pas
chercher la perfection à tout prix.
Acceptez les défis. Devant la difficulté, dites-vous plutôt :
voilà un bon défi. Je vais essayer de régler ça. Voyez-le comme une sorte de
jeu auquel il existe une solution quelque part.
Ramenez toujours la situation à un choix personnel et gardez une partie
de vous intègre même dans les cas les plus difficiles. Pour cela, il faut
accepter de perdre des choses, parfois.
Posez-vous toujours la question
suivante : quelle est ma faiblesse qui fait en sorte que cette personne a pris
de l’emprise sur moi? Est-ce l’appât du gain, ma dépendance, mon incapacité de
me trouver du travail ailleurs ou autre chose?
EXERGUES :
“ Ce qui
compte au travail, ce n'est pas ce que vous gagnez mais ce que vous devenez ”.
Jim Rohn, motivateur.
“ Que
ça plaise aux gens ou non, si le burnout n'était pas une maladie psychiatrique,
les assurances ne les payeraient pas ”.
“ De
nos jours, de plus en plus de gens se considèrent victimes de choses banales”.
“ Les gens ne nous font rien. On leur permet de nous faire quelque
chose
”.
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